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  • Chiffres de l’immigration du travail en Europe

    Posté le 10th juillet 2009 Afrique Intellect 2 commentaires

    immigration_travail_europeDans un précédent article nous évoquions l’immigration du travail en France. Rappel : 5  millions d’immigrés dont plus de 50% d’actifs et 40% venant d’Afrique. Qu’en est-il de l’Europe dans sa globalité?

    Les enjeux de l’immigration en Europe

    1 actif européen sur 10 est immigré. Cette immigration comprend l’immigration extra-européenne mais également l’immigration intra-européenne. Et surprise, malgré l’ouverture des frontières au sein de l’espace économique européen, les immigrés originaires de pays européens restent largement minoritaires, avec cependant un niveau d’étude supérieur. Les immigrés travaillent dans tous les secteurs et à tous les postes mais des secteurs peu qualifiés puisent grandement dans cette population. Cependant, l’Europe vieillit de plus en plus. L’immigration pourrait être une des solutions pour  accroître ou ne serait-ce que maintenir le niveau actuel d’activité.

    De nouveaux pays d’immigration émergent

    L’immigration active se déplace de plus en plus des anciens pays d’immigration européens (Pays-Bas, Royaume-Uni, France …) vers ceux du sud de l’Europe et l’Irlande. L’Irlande et l’Espagne ont connu une augmentation très rapide de leur population active immigrée, dépassant désormais le niveau de la France et du Royaume-Uni. L’Espagne accueille une population importante venant de Roumanie mais aussi de plus en plus de pays africains comme le Maroc et le Sénégal.

    A noter qu’en France et aux Pays-Bas la proportion dédiée à la migration du travail se réduit de plus en plus. Seulement 20% des immigrés actifs en France sont arrivés récemment (moins de dix ans).

    La qualification des immigrés extra-européens progresse lentement

    Les migrants occupent la plupart du temps des emplois peu qualifiés, pour lesquels la maîtrise de la langue du pays d’accueil n’est pas essentielle, et dont les qualifications sont immédiatement transférables. De fait, ils ont un niveau d’éducation légèrement moins élevé que les autochtones : 39 %des actifs immigrés ont terminé leurs études secondaires et 24 % sont allés au-delà, contre respectivement 48 % et 25 % pour les autochtones. Ces données sont à relativiser par le fait que les immigrés venant de pays extra-UE ont un niveau moins élevé que les « intra ».

    Des professions qui font largement appel aux immigrés

    Largement recrutés comme employés non qualifiés des services et de la vente ou comme manoeuvres (19 % de leurs emplois contre 8,5 % pour les autochtones), ils sont moins présents que ces derniers dans les professions intermédiaires (12 % comparé à 17 %). Autres secteurs attirant massivement les immigrés, les services directs aux particuliers et ceux de l’extraction et du bâtiment, que ce soit comme ouvrier ou comme manoeuvre. A contrario, la présence des immigrés parmi les dirigeants et gérants, les professions intermédiaires et les employés se réduit. La diffusion plus importante des immigrés de longue date dans les emplois qualifiés pourrait refléter un phénomène d’intégration dans la durée, avec l’acquisition d’une meilleure maîtrise de la langue du pays d’accueil, de compétences et d’expérience professionnelle propres au pays.

    Et demain?

    Les années qui viennent poseront un défi aux pays européens quant à leur capacité d’assurer une croissance soutenue du PIB par tête dans un contexte de vieillissement général de leurs populations. Or une simulation basée sur les tendances actuelles montre que dans la plupart des pays européens, si les mouvements migratoires conservaient la même amplitude relative, le volume actuel de migrants garantirait largement un niveau de population d’âge actif permettant de maintenir le niveau du PIB, même en l’absence de gains de productivité par habitant.

    Alors cela se révèle-t-il être un sésame pour une nouvelle immigration du travail venant d’Afrique par exemple ? Pas si sûr… En effet, il existe une réserve non négligeable d’offre potentielle de travail parmi les femmes et les seniors autochtones que les gouvernements cherchent à mobiliser en priorité.
    Afrique Intellect, REinventons le réseau.

    Source : INSEE

     

    2 réponses à “Chiffres de l’immigration du travail en Europe” Icône RSS

    • Super article ! Cependant pourquoi les politiques d’immigration deviennent plus dure ?

    • En tant de crise, l’étranger peut devenir une cause facile pour tous les maux. Je pense globalement que le rythme auquel l’Afrique développe des compétences, notamment à l’étranger, est plus élevé que le rythme de développement économique de nos pays. Cela laisse un certain espoir pour l’avenir.


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